Cette femme nous envoyait en vacances chez ma tante paternelle et mon oncle qui demeuraient en banlieue parisienne. Elle
avait un besoin irrésistible de montrer aux autres qu’ils avaient de l’argent. Elle voulait surtout faire croire aux autres et à nous que nous étions heureux… Nous y partions avec
plaisir.
Ma mère, quant à elle, ne faisait plus partie de notre vie. Bien des années plus tard, je pus me rendre compte
qu’elle ne nous avait jamais oubliés : Elle et mes deux tantes nous envoyaient des colis et des lettres qui retournaient droit a l’expéditeur sauf une carte de ma tante qui fut collée au mur
en guise de décoration. Cette carte représentait deux chats noirs sur fond bleu. Je dus tricher pour voir le nom de l’expéditeur, car ma marâtre avait collé une feuille blanche sur le verso de la
carte.
Il s’agissait d’une punition qui nous était infligée à nous … pour punir ma mère !
Tristes personnages que sont ces personnes idiotes et sans coeur…
Je me souviens d’un de ces derniers noëls passé avec mon père. Mes
frères avaient reçu en guise de cadeau un martinet et moi-même qui avais dû me montrer moins rebelle eus droit à un paquet de bonbons.
J’étais effectivement moins rebelle … En me pliant à toutes ses volontés, je gagnais peut être
des bonbons mais surtout la paix !
Mes frères et moi-même n’avions pas été, à ses dires, à la hauteur de ses espérances. Nous savions que ce genre de
cadeau fait à mes frères ne faisait que confirmer le coté sadique de la personne que mon père avait gentiment épousée.
Mon père décéda le premier décembre mille neuf cent quatre
vingt deux, à sept heure du matin, seul et dans la misère.
L’alcool aura eu raison de cet homme que la guerre n’avait pas vaincu.
Lors de mes vacances en région parisienne, chez mon oncle et
ma tante, je fus victime d’attouchements sexuels, je n’avais que treize ans, ils étaient consentants tous les deux.
Après des années de réflexions, et une conversation avec le fils de ma tante, je pus me rendre conte que je n’étais pas
leur seule victime.
Cette journée d’été représenta pour moi « le premier contact sexuel » avec un homme… Sa femme avait épousé ce
criminel alors qu’elle avait trois enfants, tous les deux ensemble n’en auront jamais…
Je ne dévoilerais décidemment ce secret honteux que des années
après, lors de mes premières années de vie en couple…
Lors de ces vacances, qui ne furent pas que dramatiques, nous étions au
calme et nous étions chouchoutés quand même : Quelques cadeaux, des sorties agréables et surtout pas de disputes ! Nous oubliions pour quelques jours les conflits conjugaux, et
redevenions simplement des enfants.
********
Nous vivions dans la campagne entourée d’animaux de la ferme, ils
étaient mes amis et mes compagnons d’infortune, ma seule raison d’exister.
L’espoir de revoir ma mère ne m’avait jamais
quitté.
Juin soixante treize fut un mois décisif dans ma vie : Ma marâtre avait conclu avec un compagnon de cure de mon
père, un alcoolique chronique, un mariage … le mien !
Il était maçon de métier, et célibataire, âgé de quarante quatre ans, de petite taille, et … franchement très
moche.
Quelle importance pour elle ?... Les travaux dans sa maison seraient gratuits, au moins la main
d’œuvre !
Je n’avais que seize ans et ma vie ne pouvait pas s’arrêter la, mariée si jeune à un alcoolique chronique de 28 ans mon
aîné !
J’avais commencé à avoir comme on dit « des amoureux », dont
le fils de mon voisin, et un jeune, d’un centre de redressement qui était situé à environ deux kilomètres de chez nous dans un ancien château, et dont mon père avait été veilleur de
nuit.
Cet alcoolique ne m’inspirait rien, mais j’eu une ou deux fois des relations sexuelles avec lui… sans aucune explication sur les dangers du sexe et la gravité de cet acte, il fut
malheureusement celui qui me dépucela.
Le regret d’avoir été naïve, me hante et comme je dois être le plus juste
possible avec vous, je l’avoue : Je n’avais aucune idée de ce que cela pouvait représenter et de la gravité de ce que, lui, me faisait.
Je n’avais que seize ans à peine.
Lorsque je repense à cette période de ma vie, je ne suis pas fière…
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