Mardi 1 janvier 2008

 

Lors de, ce que je qualifie d’enlèvement, un car de gendarmes, un huissier de justice et une assistante sociale étaient de la partie.
Nous sommes montés de force dans ce car, presque sous les coups et sous les yeux de mon père … Ce père qui avait dû nous voir deux ou trois jours depuis notre naissance… Nous reconnaissait il du reste ?
Nous avons été déposés à la gendarmerie en attendant le convoyeur qui devait nous conduire dans notre nouvelle demeure. La route fut longue, nous sommes arrivés tard dans la soirée. Une nouvelle femme nous y attendait accompagnée de sa fille de douze ans.
Le lendemain de notre arrivée, nous devions, pour une raison, qui aujourd’hui encore me hante, nous faire photographier, à l’orée du petit bois proche la maison. Nos dessous et nos vêtements dans les mains et bien en évidence… surtout les tâches… Il s’agissait de bien nous montrer les soit disant mauvais soins de ma mère et de nous la faire détester.
Je fus kidnappée avec une robe écossaise que ma mère avait confectionnée avec beaucoup de soin et d’amour.
 
Dans cet endroit, sept années d’humiliation nous attendaient tous les trois, nous devions nous souder pour supporter les scènes de ménage, qui au fil du temps étaient d’une extrême violence.
Nous avions faim : Nous devions gagner notre pain à la sueur de notre front, et le travail imposé par cette marâtre, qui nous obligeait a l’appeler « maman » nous affaiblissait.
 
Trois autres enfants devaient voir le jour dans ce foyer à quatorze mois d’écart. Mon père plongeait chaque jour un peu plus dans l’alcool. Il devait fréquemment faire des cures qui ne lui servaient à rien, sauf à quitter ce lieu qui le plongeait dans une dépression sans espoir de guérison. Il avait épousé le diable, à l’en croire … Cette femme était mi-ange mi-démon, l’argent et la réussite étaient son seul espoir, sa qualité principale, le travail.
 
J’allais avoir neuf ans quand j’ai rejoint ce foyer, nous avons peut être eu quelques jours de bonheur, sûrement… mais si peu…
Une nouvelle école, de nouveaux copains, tout ceci aurait pu être une expérience sympathique si cette femme ne nous avait pas pris pour ses esclaves et si elle avait mis un point d’honneur à nous mettre dans la tête que rien ne serait arrivé si ma mère n’avait pas fautée…
A neuf ans comment comprendre les histoires de sexe ou d’amour de ces parents ?
 
Mon père et cette femme avaient acheté cette maison dans laquelle nous allions maintenant habiter : Il s’agissait d’une petite ferme acquise au terme de quinze années au service de l’armée. Mon père avait pris sa retraite de militaire ici, au fond des bois, à cinq kilomètres du village le plus proche appelé st Gervais les trois clochers.
Il y avait des écuries, et cinq hectares de terrain.
Je me souviens … Il y avait des lapins, des poules, des canards, un cochon, une chienne gitane – superbe boxer de quelques dix années – et enfin des chèvres qui elles, aux dires de mon père, nous appartenaient à nous ses enfants…Une chacun…
La maison comprenait une cuisine, trois chambres, un débarras. Il n’y avait pas de toilettes ni de salle de bain, mais nous disposions d’un puit pour l’eau : Nous devions nous laver dans l’écurie.
Nous avions un magnifique jardin. Mon père y passait des heures entières seul… Mon père aimait être seul…Parfois même il fuyait à la pêche qui était devenu son lieu favori dés cinq heure du matin…
 
La maison fut propre quelques temps peut être un ou deux ans mes souvenirs son lointain...Puis tout se dégrada…
 
par LAURA
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